Santino Wars

04 février 2012

Sexy Gaming


                                  WARGAMERS LOVE SEXY TOYS TOO

Non vous ne rêvez pas, nous allons abordez aujourd'hui un sujet au moins aussi important que la libido des Space Marines ou la création d'un être humain directement à partir des midichloriens, je veux évidemment parler de la présence d'érotisme dans le wargame.

Enfin quand je dis présence, c'est bien d'une absence totale dont il est en fait question. Phénomène d'autant plus étrange que nos cousins que sont les jeux de rôle et autres jeux de cartes à collectionner ne s'en privent pas, bien au contraire. Guerrière en talons hauts et armure couvrant à grand peine quelques centimètres carrés de peau, prêtresses tentant de faire croire en vain à leur chasteté ou magiciennes plus préoccupées de leur teint que de leur grimoire, tout y passe. En même temps, ça ne leur a guère réussi puisqu'ils y ont gagné d'être sous les feux de la sainte inquisition catholique ( heureusement officieuse ), dénoncés comme sectes et pratiques diaboliques au même titre que ce bon Harry Potter et l'innocente souris-jaune-aux-joues-rouges-qui-fait-des-attaques-éclairs-et-que-poursuit-l'odieuse-team-rocket ( respirez, vous êtes tout violets ). D'ailleurs si vous ne me croyez pas, jetez donc un oeil par ici ou par ... Bref, le wargame est resté clean mais tellement ennuyeux. C'est dire, on est obligé de saliver devant des blindés allemands de plusieurs dizaines de tonnes, leurs camouflages et leurs beaux marquages de la Waffen SS. Ou, si on de la chance, sur une pin-up dessinée en guise d'emblème sur un B-17 en partance pour l'Allemagne... Pathétique non ? On ne va quand même pas nous dire de ne regarder que nos épouses ?

Heureusement, et comme souvent, nos amis japonais sont là pour briser les tabous et nous offrir des wargames qui ont du chat mais au féminin. Qui plus est sur des sujets aussi prestigieux que l'Opération Barbarossa ou la trépidante bataille d'El Alamein. Voilà donc ce que cela donne en images :

Barba1

Les chars c'est comme les motos, c'est bien plus classe avec des filles dessus. CQFD. D'ailleurs si vous ne craquez par sur la demoiselle qui suit, c'est que vous trichez là !  

Barba2

Y a des jours, je vous jure qu'au nom de la science je regrette bien de n'avoir pas appris la langue japonaise dans mon enfance...

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07 septembre 2011

Les Batailles de l'Empereur ( 7 )

NAPOLEON AT LEIPZIG BY M. STUMPTNER

NapoLeipzig

Du haut de ses trois éditions, Napoleon at Leipzig est l'un de ces classiques qu'on ne se lasse pas de sortir de son étagère pour une petite partie, ou simplement pour rêver sur la carte et l'ordre de bataille de cette empoignade aux proportions titanesques. Certes, le système porte son âge par certains aspects, mais c'était avant que Markus Stumptner ne passe par là avec ses doigts d'argent. La revue qui suit portera pas conséquent sur la version officieuse proposée il y a peu par le designer australien, version téléchargeable librement sur son site ici.

Qualité esthétique 4/5 : on retrouve l'esthétique à l'ancienne si particulière des jeux Clash of Arms, et tout spécialement une carte faite main très agréable, que les productions récentes sont bien en peine d'approcher. Je ne suis pas vraiment fan des pions arborant les uniformes des unités, préférant de jolies silhouettes, mais le tout forme un ensemble harmonieux et donnant envie de jouer.

Complexité 3/5 : le jeu n'est pas vraiment complexe, avec des principes de base faciles à assimiler, mais se charge à mesure que l'on ajoute les règles avancées puis optionnelles. La rédaction de Markus est globalement claire, avec des questions qui restent parfois en suspens mais se règlent assez aisément à l'usage.

Jouabilité 4/5 : la plus grande qualité du système original était d'avoir une grande jouabilité, et l'un des mérites de cette version est de ne pas la remettre en cause. Le jeu reste fluide, avec un système d'activation par tirage de chits qui apporte son agréable note de fraîcheur et d'incertitude. Les nouveautés, par exemple le remplacement de la table des combats, s'insérent sans lourdeur ou jets de dés fastidieux. De plus, comme chacun peut paramétrer les règles qu'il veut utiliser dans sa partie ( rédaction des ordres ou non, usage du brouillard de guerre ou non, etc. ), il est possible de composer, un peu comme une salade, un jeu conforme à ses propres attentes et envie.

Historicité 4/5 : on peut dire qu'à ce niveau, le bond en avant est conséquent. L'attrition ou le commandement retrouvent une place importante. Par exemple, le second est géré à travers la pose de marqueurs d'ordres, voire l'envoi d'instructions écrites aux grandes formations. Des règles avancées permettent de gérer la fatigue, le moral des formations, les mouvements hors de vue de l'ennemi, et bien d'autres choses encore. A une échelle proche de Triumph of Glory ( 1 hex pour 400m, 1 pion pour une brigade ), le clou de l'historicité est enfoncé bien plus loin, même en ne jouant pas toutes les options proposées par l'auteur. Par rapport au Leipzig de Pratzen, l'encombrement et la durée de jeu sont moindres, mais la simulation et la narration n'y perdent rien, ce qui est un atout pour le joueur limité en espace et en temps de jeu.

Conclusion : une modernisation fort réussie sur le fond, qui reste hélas au stade amateur sur la forme. Cela étant dit, le système de Markus Stumptner est clairement l'un des meilleurs de la sélection, d'autant qu'il peut être étendu aux autres opus de la série originale des Last Battles ( qui continue d'ailleurs de paraître chez OSG ).

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05 septembre 2011

Un an de Santiblog

En fait ça fait un peu plus d'un an, mais tous les prétextes sont bons pour souffler une bougie et s'empiffrer d'un gateau !

miaou

C'est que j'en ai écrit des trucs depuis... qu'est-ce qu'on peut raconter comme conneries en un peu plus d'une année quans même, et tout ça entre deux parties de wargame !

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30 juillet 2011

Ils arrivent !

NUTS DEBALLE SES DATES !

Je pense que l'annonce se passe de commentaires, vous l'avez d'ailleurs peut-être eue dans votre boîte à mail ( même si je suis allé piquer l'image chez le Bir pour gagner quelques secondes ^^ ) :

Nuts-Publishing-Annonce

On me sussure à l'oreille que Nuts ! n'est pas Battles : et que donc ces dates seront respectées. OK. Et la précommande de Hoka Hey, ce sera mis en place avant l'automne du coup ?

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25 juillet 2011

Mois de folie ( 3 )

BATTLES SE MET AU PROPLAN

Ah les clébards ! Juste pour pourrir ma série sur les événements ludiques du mois de mai, ne voilà-t-il pas qu'on m'envoie le dernier Battles Mag pour début juin ! Puisque c'est comme ça, pas de review avant juillet ! 

En fait je ne vais pas faire de présentation détaillée pour dire les mêmes choses que d'habitude, et me rendre compte par ailleurs que le Biracheim du blog d'à côté en est arrivé à des conclusions à peu près identiques. Enfin quand je dis "comme d'habitude", ce n'est pas entièrement vrai : on atteint cette fois les 154 pages de boardgame, pour une qualité qui ne se dément pas. Les retards de parution non plus ne se démentent pas, ce qui ne semble pas avoir offusqué la communauté jusqu'à présent, qu'elle soit française ( deux fils Strategikon avec plus de 400 posts et 12 000 visionnages... ) ou internationale ( encore une belle poignée de nominations aux CSR Awards ) !

Non, je vais me contenter de faire ( rayer toute mention inutile ) :

a. le gars content du résultat de trois jours de boulot,

b. le narcissique en puissance qui ne se lasse pas de relire ses propres mots,

c. le blogueur content que le meilleur mag de wargame au monde ait pensé à lui,

d. le perfectionniste énervé que son style personnel soit broyé par la traduction.

... et donc de mettre un visuel de mon premier article dans Battles Magazine ! Et oui c'est moi, fini l'anonymat protecteur...

Hornet

Le taulier ayant eu l'air assez satisfaisant pour me confier un autre article, je sévirai donc dès le prochain numéro... mais cette fois sur plus de quatre pages ( et oui c'est ça aussi Battles, on ne lésine pas sur les moyens ) ! Miaou.

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26 juin 2011

Battlelust : Montjoie !

UNE EXTENSION GUERRE DE 100 ANS

Hé non je suis loin d'en avoir fini avec Troy... mais je regardais dernièrement toutes ces figurines du jeu Battlelore qui me faisaient de l'oeil dans leurs sachets. Je me suis donc fendu de cartes pour jouer l'opposition classique de la Guerre de 100 Ans : les perfides Anglois ( et leurs armes de tricheurs, l'arc long et le pieu acéré ) et les nobles François ( avec leur célèbre tactique des Gaulois d'Astérix mais sans avoir la potion magique ). Vite fait, bien fait, voilà donc l'armée anglaise, moins les Kerns irlandais qui ne voulaient pas tenir sur la photo :

Armée anglaise

Les citations en bas des cartes sont tirées et adaptées des Chroniques de Froissart. Reste à mettre tout ça en pdf avec les quelques règles spéciales de la période ( comme l'artillerie à poudre ).

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17 juin 2011

Les Batailles de l'Empereur ( 6 )

COMMAND & COLORS NAPOLEON, R. Borg, GMT

C&C Napo

La très populaire série Command & Colors a été créée par R. Borg pour les affrontements antiques ( C&C Ancients ) ou médiéval-fantastiques ( Battlelore ). Enfin pas tout à fait puisque je l'ai découverte à la base à travers le Battle Cry ( Guerre de Sécession ) d'Avalon Hill-Hasbro, premier jeu utilisant ce système à ma connaissance. Depuis peu, la période napoléonienne n'est plus en reste, pour le pire et pour...disons... le moins pire.

Qualité esthétique 3/5 : le matériel fait un peu cheap, mais le tout est assez joli une fois déployé. Les pions se démarquent particulièrement par leur silhouettes très réussies, alors que la carte et les overlays n'ont vraiment rien de remarquable. Avoir inscrit un gros "C&C Napoleonics" en plein milieu de la carte est complètement con, les coupables doivent être fiers... De manière générale, la réalisation traîne très loin derrière celle de Battlelore !

Complexité 1/5 : comme C&C en général, les règles sont très abordables, même par des enfants guidés par papa. Un bon point si l'initiation est le but recherché. Le grognard peut commencer à jouer au bout d'une 1/2 heure ( + le temps de coller tous les stickers sur les cubes de bois... ).

Jouabilité 2/5 : je sais que beaucoup s'éclatent sur C&C toutes époques confondues, mais j'ai toujours considéré le card driven comme inadapté à nombre de jeux tactiques. La division du champ de bataille en trois zones, auxquelles renvoient nombre de carte d'activation, n'arrange rien : on passe beaucoup de temps à espérer obtenir au bon moment les cartes qui permettront de bouger ses unités, un peu comme le joueur de poker qui attend le tirage de l'as manquant. Bref, on finit par se demander qui est aux commandes du joueur ou de la pioche. Très peu pour moi.

Historicité 0.5/5 : vous savez sans doute que les batailles napoléoniennes ne se déroulent plus comme des batailles antiques ? On ne peut pas dire pourtant que l'auteur se soit foulé dans la transposition de son système, à part ajouter des règles de tir tellement meurtrières que tout se termine prématurément dans un bain de sang épouvantable. La division du terrain en trois pouvait passer en Antique, mais se révèle de plus en dépassée dans les époques plus basses ( le ponpon étant donc Mémoir 44, censé parler de tactique 2°GM ) et ce d'autant plus lorsqu'on représente des bouts de bataille où les notions d'aile ou de centre n'ont plus de sens. Le reste est à l'avenant, pour un jeu qui n'a finalement de napoléonien que l'habillage et le nom...

Conclusion : amateurs de jeux de plateau rapides et hermétiques à toute idée de simulation, ce joli petit jeu est pour vous... les autres, passez votre chemin ( ou allez voir du côté de chez FFG, pour un jeu du même type mais autrement léché ).

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13 juin 2011

Les Batailles de l'Empereur ( 5 )

TRIUMPH & GLORY / JOURS DE GLOIRE

 Aspern

Notre présentation suivante porte sur deux séries très proches, issues d'un système conçu par R. Berg pour le jeu Glory ( batailles de la Guerre de Sécession ), bien qu'on y retrouve toute une série de concepts utilisés par le même auteur dans The Battles of Waterloo. La série de R. Berg lui-même, Triumph & Glory, a vu sortir à ce jour deux boîtes sur les affrontements franco-autrichiens et la massive bataille de Borodino en 1812. La série dérivée de F. Bey suit quand à elle le bicentenaire de la Révolution et de l'Empire, comptant depuis lors de nombreuses batailles couvrant les années 1796 à 1810. Baptisée Jours de Gloire, elle est aussi la base d'un Trophée dit du Bicentenaire organisés par le même F. Bey tous les ans en région parisienne. Si les deux règles ont évolué chacune de son côté, elles partagent à mon sens assez de caractéristiques pour être présentées de concert. JdG sera distinguée par un commentaire bleu lorsqu'il y a lieu.

Qualité matérielle 3/5 : le matériel de T&G est joli sans être extraordinaire. Les cartes sont agréables et fonctionnelles, alors que les pions colorés arborent des silhouettes de petite taille et trop génériques. Le tout s'intègre bien ensemble, ce qui est une bonne chose ! Pour Aspern-Essling ( dernier opus acheté ), on franchit clairement un seuil de qualité : les magnifiques silhouettes de P. Da Silva éclairent les pions, le tout évoluant sur l'une de ses plus belles cartes, pour une note rehaussée à 4/5. La majeure partie de la série est par contre au format DTP ou magazine ( impressions à l'encre dans le premier cas, pions à monter ), et ne dépasse donc pas les 3/5 ( d'autant que les premières cartes ne sont clairement pas au niveau des plus récentes ).

Complexité 2/5 : le système est assez simple à appréhender et à mettre en oeuvre, même si les règles originales étaient truffées d'approximations. La version 2.0 parue avec Borodino ou téléchargeable dans les Living Rules de GMT a largement corrigé le tir depuis. Avec 15 ans d'existence et ses nombreuses parutions révisées, JdG est aujourd'hui bien rôdée et tourne sans aucun problème. Un atout important pour le débutant ou le compétiteur.

Jouabilité 3.5/5 : les parties de T&G sont vraiment agréables, du moins pour les batailles de format modéré. Derrière la simplicité des mécanismes, les choix tactiques sont nombreux, tandis que le système à base de tirage de chits induit son habituelle incertitude. Les tours peuvent par contre devenir fastidieux et brouillons sur des batailles importantes. Il faut dire qu'un choc sans subtilité comme Borodino n'est sans doute pas la meilleure manière de valoriser la mécanique de jeu... Rien de spécial à ajouter, sinon que les batailles sont parfois bien choisies et stimulantes, parfois non ( les Pyramides ). Un 4/5 pour les meilleurs situations, qui descend à 2 ou 3 pour d'autres, et avec par ailleurs un Austerlitz qui n'échappe pas aux limites évoquées plus haut de par sa taille inadéquate.

Historicité 2.5/5 : il faut bien admettre que si un vernis historique est bien présent, on ne peut qu'être déçu sur ce plan pour peu que l'on en demande un peu plus. Oscillant de manière incertaine entre le tactique pur et l'opérationnel style Last Battles, le jeu a du mal à percer d'un côté ou de l'autre. Pas de formations ( hors l'incontournable carré ), pas d'attrition, une représentation minimaliste des chefs, autant de points qui marquent l'habitué des batailles napoléoniennes. Si la double activation des formations à chaque tour oblige à faire des choix plus réfléchis que dans The Battles of Waterloo, sa combinaison au système de chits donne des résultats pas forcément convaincants dans l'exécution. D'autant que les ordres se limitent à garantir à une formation toute latitude d'action, donnant une fois encore au joueur une liberté totale et irréaliste sur le comportement individuel de ses unités. L'historicité de JdG est du même niveau, globalement sacrifiée à la simplicité. L'auteur a certes tendance à accumuler les règles spéciales tendant à reproduire les événements réels, mais cela ne rend pas la structure elle-même plus réaliste.

Conclusion : deux bonnes séries pour les débutants, mais aussi pour les joueurs cherchant des jeux simples, amusants, sans être généralement trop longs. Par contre, les joueurs exigeants en termes de simulation et d'historicité, ou davantage intéressés par les affrontements de grande ampleur, se tourneront plus volontiers vers les gros chevaux de bataille de la période !

12 juin 2011

Les Batailles de l'Empereur ( 4 )

THE BATTLES OF WATERLOO, R. Berg, GMT

BattlesWaterloo

On en arrive à l'un de mes jeux préférés de cet auteur prolifique et souvent brillant qu'est Richard Berg : Battles of Waterloo. Ce jeu est pour moi celui qui a le plus renouvelé l'approche du genre alors dominée par des systèmes plus classiques. Il n'est certes pas à l'abri d'un certain excès de fioriture qui nuit parfois à la fluidité du système, mais sa pratique reste pour moi un plaisir sans cesse renouvelé.

Qualité matérielle 3/5 : la carte manque un peu de couleur, les aides de jeu et les règles sont bien ternes. Si les pions sont fort agréables à l'oeil, l'auteur ne s'est guère démené pour nous donner un panel de silhouettes fidèles : voir dragons, cuirassiers et autres carabiniers dépeints de la même manière a quelque chose d'agaçant pour une période si riche en couleurs. Bref, aurait pu mieux faire !

Complexité 3/5 : la règle n'est pas évidente à aborder pour les joueurs non familiers des systèmes bergiens. On s'y retrouve sans peine après quelques lectures, rien de très grave donc.  Les règles spéciales des différentes batailles sont bien séparées du reste, un plus toujours bien agréable ( même si le jeu n'est pas devenu une série ).

Jouabilité 4/5 : ne cachant pas mon goût des systèmes à base d'activations alternées, ici le tirage de pions depuis une coupelle opaque, il n'est pas surprenant que je me retrouve comme un poisson dans l'eau à pratiquer le jeu. J'aime à peu près tous les aspects des règles : la dynamique des activations, la richesse des choix tactiques possibles, ou encore la gestion fort astucieuse des chateaux et fermes fortifiées qui ont joué un si grand rôle dans cette campagne. J'apprécie aussi le choix de représenter les unités au niveau de la brigade ( même si l'hex fait 200m, à comparer aux 250m de Vive l'Empereur où sont posés des régiments ) : les grosses batailles restent à taille humaine, ce qui est d'autant plus appréciable que la mécanique des combats entre dans pas mal de détails. Je suis moins fan de la division en deux phases des activations des unités ayant reçu des ordres par rapport à ceux qui n'en ont pas eu ce tour, et l'auteur a d'ailleurs revu cette distinction dans les jeux inspirés du système originel. Je ne suis pas non plus fan des règles qui obligent à restituer des comportements stéréotypés, comme celui de Ney à 4 Bras. Je veux un jeu, certes avec des contraintes historiques, mais il ne faut pas pousser non plus...

Qualité historique 3,5/5 : je pense retrouver dans ce jeu, malgré ses unités à l'échelle de la brigade, les grands fondements d'un jeu napoléonien tactique : attrition des unités et de leur formations mères, spécificité d'emploi des trois armes ( notamment à travers une séquence de combat fort détaillée ), gestion simple des formations ( carrés, lignes étendues... on n'est pas au niveau de précision adopté par D. Rouy ! ). Le tout s'emboîte de manière convaincante dans un système d'activation qui restitue bien le chaos des combats et l'importance des chefs ( représentés de l'armée au divisionnaire ). Ce système est à la fois le point fort et la limite de la simulation. En donnant des ordres à certaines formations seulement, et en pouvant changer cette allocation de tour en tour, on arrive de fait à quelque chose de fort ludique mais qui pose les problèmes suivants : d'abord, on peut bien trop souplement butiner d'une formation à l'autre selon les besoins du tour ; d'autre part, le système nie en partie le momentum des échelons inférieur ( quand une attaque est lancée, le corps rentre dans le tas et n'a plus besoin d'explications intermédiaires avant d'avoir percé ou de s'être fait rembarrer ). En l'absence de règles de commandement plus strictes, je ne dépasse donc pas un bon 3.5/5 malgré l'attachement que m'inspire ce jeu

Conclusion : excellent choix pour tous les amateurs des dernières batailles de l'Empereur, au moins en attendant que les deux séries phares sur la période ( Vive l'Empereur et la NBS  nouvelle mouture ) n'en proposent leur propre lecture !

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04 juin 2011

Les Batailles de l'Empereur ( 3 )

LA BATAILLE ( Ed Wimble, Clash of Arms )

4Bras
S'il est une série mythique, c'est bien La Bataille publiée à partir des années 70 et toujours appréciée par de nombreux joueurs. A l'heure où je tapote ces lignes, La Moskowa vient d'ailleurs de ressortir, faisant bruisser les fora malgré l'énorme morceau que constitue la magnifique bête. En ce qui me concerne, je suis loin d'avoir joué à toutes les batailles publiées, me contentant essentiellement de la campagne de Belgique et notamment de Les 4 Bras ( faute de français comprise ^^ ). Une expérience inoubliable.

Qualité matérielle 4.5/5 : cartes et pions sont magnifiques, constituant malgré leur âge une des plus belles réussites du "fait main". On ne peut par ailleurs qu'être impressionné par la minutie avec laquelle les terrains et les uniformes d'époque ont été reconstitués jusqu'à la moindre haie belge et au moindre bouton d'uniforme. Seul bémol, mais qui n'est pas anecdotique : les valeurs chiffrées essentielles se trouvent au dos des pions, et l'on se retrouve souvent en cours de jeu à les laisser sur cette face par souci pratique, au détriment de l'esthétique d'ensemble.

Difficulté 4/5 : des règles qui ne sont pas forcément complexes en soi, mais longues, détaillées, certainement intimidantes pour qui ne sait pas à quoi s'attendre. La Bataille n'est certes pas la série par laquelle découvrir le wargame. A noter qu'une version allégée, dite Règlement des Marie-Louise, peut être téléchargée et utilisée en lieu des règles standart ( 25 pages contre 60 tout de même ). 

Jouabilité 3,5/5 : jouer une bataille comme Waterloo, voire la Moscowa, à l'échelle 1 hex = 100m et avec un pion par bataillon ( je vous épargne les compagnies d'élite détachées... ) est un exercice auquel on ne peut certes pas s'adonner toutes les semaines... A raison de plusieurs heures par tour, chacun ponctué d'un nombre impressionnant de jets de dés, je ne suis pas sûr de ne pas plutôt tenter l'aventure avec un jeu plus "humain". Par contre, on ne peut nier que les règles tournent bien - plus de trente ans de polissage obligent - et que le système de commandement plus récemment implémenté est vraiment bienvenu. En fait, une bataille comme Quatre Bras est de par sa taille idéale pour profiter des raffinements de la série sans pour autant s'y noyer. Je mettrais donc plus facilement un 4/5 aux jeux du même format.

Réalisme historique 4/5 : jamais système napoléonien ne sera autant entré dans le détail des tactiques de l'époque, si ce n'est évidemment sur les tables des figurinistes... Je serais bien en mal de dire quel aspect manque à l'appel, des charges de cavalerie détaillées aux ricochets des boulets, en passant par les formations, nuées de tirailleurs, salves de mousquets ou mêlées à la baïonnette ! La question qui se pose toutefois est récurrente à ce niveau de détail : une simulation doit-elle demander au joueur de régler les moindres détails tactiques, ou ne devrait-il pas rester à une position plus élevée ? Ce qui m'amène d'ailleurs à constater que d'autres système de jeu - NBS en tête - sont plus performants lorsqu'il s'agir de refléter les contraintes du commandement de l'époque.

Conclusion : une série magnifique, qui sent la poudre et l'épopée comme nulle autre sur le sujet. Un jeu néanmoins exigeant, bien plus par son ampleur que par sa complexité, qui trouve à mon sens toute sa saveur dans les batailles de petite ou moyenne envergure.

 

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